Sans effusion, parfois sans lettre de sentiments ;
Je l'éprouve, je le ressens comme on éprouve une vraie rencontre avec un ailleurs bien réel dans une forêt, si dense, si pleine en désespérance et qu'on n'a pas rencontré âmes qui dorment depuis des heures.
Alors oui, on se dit que parfois, le monde représente plus que les peaux sous lesquelles il se revêt.
Il doit être plein de fleuves immenses, de tourments sillonnés de brasiers, de vents d'histoires plein les poches ; il doit être vraiment lui-même et ne pas en avoir conscience.
Il doit être plein au sens qu'on ne peut à peine le concevoir. Peut-on réellement se concevoir ?, je ne le pense. Peut-on alors prétendre appréhender le monde ?, encore moins à la portée d'une trace humaine.
Alors que devons-nous faire dans cette aire sillonnée de si étranges humeurs ?
Peut-être se penser comme simple passager ; prêt à mordiller dans un petit bout de connaissance, une petite raie de jouissance, une large tranche de tendresse.
Et pourquoi pas, ainsi, contre la vacuité du monde ou son immensité ; les désirs de le saisir sont, on le voit, aux points des opposés, l'un s'enfuyant, l'autre en plein désir d'y pénétrer. Alors oui !, pourquoi pas le pas léger du voyageur d'un temps.
Un petit temps. Un petit bout de temps de voyage.
De ce qu'on appelle parfois la vie. On y fait ses dents, on les use et après les avoir user à mieux voir, écouter, entendre et aimer et surtout transmettre ce qu'on a aimé aux aimés et bien, le monde se referme. La petite parcelle de notre monde bien sûr.
Et le pardon dans tout ça dirait la petite demoiselle.
Elle qui était si sage et qui a encore les belles quenottes de l'originelle sagesse. Pardonnez donc au pardon et faites-lui grande révérence, oubliez-le dans vos jeux et dans vos découvertes ; il se présentera bien assez vite à mon goût et au vôtre !
S'il était dans les yeux d'un enfant, il aurait la même pureté que l'eau du pardon, alors suspendons un bref moment, notre voyage et recouvrons cela du manteau de silence.
Le monde devrait être en feu, fi le Dieu des larmes !


